Works

« Rapproche » Série photographique

« Mon travail tourne autour de la question du lien entre des individus et des lieux. Pour cette résidence à la Friche Belle de Mai, je me suis intéressée aux jeunes qui fréquentent la Friche. Ce sont eux que l’on voit en premier en entrant à la Friche ; ils sont une part importante de son identité. Dans cette série, j’ai voulu aborder le site de la Friche en tant qu’espace social, lieu de vie et de mixité. La diversité des installations draine, dans une même enceinte, des publics variés,dont certains ne se rencontrent que très rarement. Ces mondes différents n’ont pas obligatoirement d’interactions directes, toutefois, ils partagent un lieu où les uns et les autres intègrent le paysage quotidien de chacun. Les jeunes qui ont posé pour mes clichés ont grandi avec internet. Ils sont depuis toujours exposés à une masse indistincte d’images. Ils sont eux-mêmes producteurs d’images. À travers les réseaux sociaux, ils se sont habitués à passer par le truchement d’une mise-en-scène photographique dans leurs rapports à l’autre. Dans chacune de mes photographies, mes modèles se voient attribuer un tissu et une image comme accessoires. Les tissus sont souvent très colorés, parfois clinquants, imitant les codes du luxe. Ce sont des tissus issus de l’apparat populaire. Les images insérées aux mises en scènes sont des photographies, soit glanées sur un moteur de recherche, soit de l’artiste Torbjorn Rodland, dont le travail joue de cette ambiguïté entre googlisation des icônes et oeuvres d’art. Généralement assez indifférents à ces accessoires, les modèles ont toutefois accepté de poser avec, afin d’aboutir à une image publique. Dans cette série, j’ai donc photographié des jeunes de la Friche, mis-en-scène à l’intérieur de la Friche. Le dispositif est centré sur ces jeunes dont le rapport aux images est aussi riche que complexe. Il ne s’agit pas, à proprement parlé, d’en faire le portrait, mais plutôt de questionner la façon dont ils se représentent eux-mêmes, et ce qu’ils acceptent de montrer aux autres. J’ai aimé être celle qui, pendant quelques mois, a eu le rôle de chef d’orchestre de ce projet collectif, effaçant toute différence sociale et générationnelle, le moteur ici étant de les ouvrir à des concepts, de leur offrir des gestes, des espaces de réflexion, qu’ils deviennent les acteurs de projets artistiques liés à leur relation avec un espace dont ils sont aussi les habitants. »
Melika Shafahi, Rapproche, 2019
Melika shafahi, Rapproche, 2019
 Beautiful People



Mon projet a pour thématique la beauté dans la société contemporaine iranienne et plus particulièrement le rapport de cette beauté à une nouvelle forme de narcissisme apparue avec les réseaux sociaux. L’Iran est une société contradictoire, à la fois traditionnelle et jeune, qui dans un contexte politique étouffant souhaite s’ouvrir au delà des frontières. Une grande partie de la population iranienne issue des villes, est influencée avant tout par le capitalisme américain. Beaucoup d’entre eux rêvent de ressembler aux idoles occidentales. L’Iran est ainsi le septième consommateur de cosmétiques et l’on y pratique sept fois plus de rhinoplasties qu’aux États-Unis. Quelle est la raison de cette fascination ? Serait-ce un problème identitaire ? Politique ? Et quel est l’origine de ce narcissisme ? La présence des différents réseaux sociaux transgresse les frontières et diffuse ainsi à travers le monde les codes d’une culture de masse mondialisée, basée sur le culte de l’apparence et de la marchandise. Apres une investigation dans les resaux sociaux, je me suis rendue compte qu’Instagram était un support qui par sa nature iconographique incarne le mieux ce jeu de représentations chez les iraniens : Femmes ou hommes avec leurs visages refaits – nez opérés, lèvre gonflées, sourcils botoxés et les pommettes saillantes. Nous recherchons une visibilité à tout prix, via cet espace virtuel, créant ainsi une sorte de seconde vie où il importe d’être le plus populaire possible. Depuis quelques années, mes photos et les mises en scène que je construis racontent cette nouvelle génération d’une jeunesse iranienne qui change à grande vitesse. Je m’intéresse à leur manière de s’inspirer de la culture mondialisée. J’ai realise une série de portraits mettant en scène l’engouement des femmes et les hommes pour la chirurgie esthétique; ces photos parlent de leur démarche de transformation vers un être parfait.
Beautifulpeople, Digital photography, 2017
Beautifulpeople, Dolphine, 2015, Digital photography,
Beutifulpeople, lovers, 2015, digital photography.
Beutifulpeople, boys, 2015, digital photography.
Beutifulpeople, Elahieh, 2015, digital photography.
Beutifulpeople, Mojtaba&mostafa, 2015, digital photography.
Beutifulpeople, Abdi, 2014, digital photography.
Beutifulpeople, pool, 2015, digital photography.
Beutifulpeople, garden, 2015, digital photography.